L’association « Alerte des Médecins sur Les Pesticides », fondée en 2013 par le Docteur Pierre-Michel Périnaud lance un appel afin de dénoncer l’augmentation de certaines pathologies en lien avec des toxiques environnementaux très répandus dont les pesticides.
Quatre grands objectifs sont fixés :
- Prévenir les professionnels exposés aux pesticides des dangers de maladies professionnelles, notamment les agriculteurs qui sont très touchés et qui étaient particulièrement désinformés à l’époque ;
- Faire retirer les molécules dangereuses du marché ;
- Protéger les riverains des potentiels rejets de pesticides aux alentours ;
Protéger les consommateurs de manière générale, en permettant à tous de choisir une alimentation sans résidus de pesticides par le développement de l’agriculture biologique.
La sécurité sociale a recensé officiellement des maladies professionnelles liées aux pesticides, certaines relevant de la médecine du travail. La maladie de Parkinson, maladie neurodégénérative, peut être corrélée à une exposition aux pesticides pendant au moins 10 ans.
En 2015, ont été rajoutées les hémopathies malignes, maladies du sang provoquées par les pesticides, avec le lymphome malin non hodgkinien, puis en 2019 le myélome multiple et la leucémie lymphoïde chronique.
Depuis 2019, le cancer de la prostate est également corrélé aux pesticides.
Cela constitue une véritable avancée. Cependant, la sécurité sociale n’ayant pas l’obligation d’informer les malades du lien entre pesticides et pathologies, on observe une sous-déclaration des maladies professionnelles, ce qui participe quotidiennement à l’invisibilisation des maladies professionnelles des pesticides.
En 2021, l’INSERM a produit une expertise collective, « pesticides et effets sur la santé – nouvelles données », qui fait le lien entre les pesticides et de nouvelles pathologies dont des maladies respiratoires (comme les bronchites chroniques, l’asthme). Ces travaux soulignent également une forte suspicion de liens entre le syndrome anxio-dépressif et les pathologies cognitives des agriculteurs et l’exposition aux pesticides, ce qui participe vraisemblablement au taux élevé de suicide dans cette population. On sait qu’un individu qui n’est pas en contact professionnel avec les pesticides le sera par quatre autres voies :
- Voie alimentaire : environ 70% de l’exposition provient de l’alimentation issue de l’agriculture conventionnelle ;
- Voie respiratoire : environ 20% de l’exposition vient de l’air ;
- Eau de boisson : entre 5 et 10% de l’exposition lui est attribuée ;
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Voie cutanée : le reste de l’exposition est attribué aux contacts cutanés (exemples : insecticides domestiques, colliers anti-puces et anti tiques des animaux domestiques, fleurs traitées aux pesticides, etc).
Conseils pour réduire l’exposition aux pesticides au quotidien.
- Essayer de manger le plus possible de produits bio en circuit local/court ;
- Limiter les risques domestiques : faire attention à ses produits d’hygiène et de toilette, faire attention aux produits industriels que l’on fait entrer dans sa maison (peintures avec fongicides, insecticides, produits de synthèse) ;
- Réapprendre à cuisiner des produits bio, frais, de saison, provenant de producteurs locaux.















