Présentation


photo:J.B.Chauveau, (C) 2003

Saint Escobille est une petite commune rurale de l'Essonne. Située à environ 65km au sud-ouest de Paris, 12km au sud de Dourdan et 15km à l'ouest d'Etampes, elle s'étend sur 1200 hectares de terres agricoles. Saint Escobille est la seule commune qui en France porte ce nom, qui appartiendrait à un martyr du IIIème siècle. D'abord nommée "Sancto Scubilio" en 1080, elle devint "Sancti Scubiculi" en 1220, puis "Sancto Scubiculo" en 1247, "Sanctus Scubiculus" en 1272, et enfin "Saint Escobille" en 1556. Au XIIIème siècle, Saint Escobille comptait 320 habitants. La population a connu un pic de 427 habitants en 1801, puis a progressivement décru dans les années 1800-1900 pour atteindre à nouveau 492 habitants en 1999, et plus de 500 actuellement (2003). Le village, qui comprend les hameaux dits de Paponville, Guillerville et La Gare, compte 35 exploitations agricoles et 170 foyers. Outre la population traditionnelle d'origine multi-centenaire, beaucoup de nouvelles familles, jeunes et moins jeunes, viennent s'implanter ici pour fuir les grandes agglomérations, y trouver un air vivifiant et la tranquillité, dans un cadre environnemental sain et idyllique, prisé aussi par les randonneurs.

Saint Escobille est située au coeur de la Beauce, qui constitue une des plus grandes régions agricoles de France (Céréales, Colza, cultures Maraîchères et "bio"). Le plateau de Beauce est également connu pour héberger la plus grande nappe phréatique de France. Cette nappe, qui affleure en certains endroits à près de 25 mètres de la surface, alimente directement en eau potable les communes avoisinantes, et surtout la ville d'Etampes (22.000 habitants). Cette eau est aussi utilisée de pour l'irrigation des cultures en surface, compte-tenu de l'extrême perméabilité du sous-sol, qui est un mélange de sable et de calcaires fracturés (voir description à la page Géographie et géologie). A noter que la nappe phréatique de Beauce est aujourd'hui gravement menacée, du fait de sa sur-exploitation (500 millions de m3 chaque été, soit près de cinq fois le seuil accepté * !). Cette nappe, qui alimente en eau potable 1.4 millions d'habitants répartis sur 681 communes**, contient un volume d'eau de 20 milliards de m3, l'équivalent de 18 fois le Lac d'Annecy ! Une telle ressource, déjà hélas menacée par la pollution aux nitrates et pesticides, ne résisterait pas au choc écologique que représenterait l'enfouissement de millions de tonnes d'ordures sur le plateau de Beauce, et la mise en contact inexorable avec ses "jus" de décharge toxiques à travers le sous-sol hautement poreux.

Le projet d'implantation d'un Centre d'Enfouissement Technique ou CET (mot "savant" pour désigner une méga-décharge) à Saint-Escobille a été ressenti comme un choc par la population et les communes avoisinantes. Le scénario est hélas bien connu: une société d'exploitation de déchets, appartenant à un puissant groupe financier, trouve une petite parcelle agricole à louer dans un village, de préférence peu peuplé et isolé. L'espoir est de pouvoir profiter de l'indifférence ou l'innocence des riverains, de la lenteur des procédures administratives, des vides juridiques et de la légitimité conférée par impératifs départementaux (or régionaux) de retraitement et d'enfouissement des déchets dits "ultimes", pour faire des profits aussi substantiels que rapides. Ceci généralement contre l'avis des populations, les recommandations des experts indépendants et des élus locaux, et au détriment de l'environnement, de la santé, de la propriété et du droit. Pour mesurer l'ampleur du problème, voir la page Vous avez dit CET? et pour preuves scientifiques et techniques, la page Nuisance et risques. Il importe peu à ces entrepreneurs d'un nouveau genre que ledit CET serait situé à près de 500m de l'école du village et encore plus près de certaines habitations! Plus encore, les CET ont vocation à s'élargir en gagnant au fil des ans un peu plus de surface sur les terres agricoles et les propriétés d'habitants médusés ou découragés.

Côté propagande, deux arguments fallacieux utilisés par les promoteurs de CET (aussi appellés CSDU pour Centres de Stockage de Déchets Ultimes) sont les suivants:

(1) la nécessité de s'occuper des déchets ultimes (comprenez: les ordures ménagères et déchets industriels dits "banals" dont on ne sait que faire, en tonnage croissant mais trop coûteuses à incinérer ou trop peu rentables à retraiter par les technologies d'avant-garde) au niveau du Département ou de la Région;

(2) le refus des riverains que le projet "tombe" chez eux, bien que bénéficiaires de (1), d'où culpabilité supposée en cas de résistance, la fameux syndrome dit NIMBY de "pas de ça chez nous (not in my backyard)";

Le premier argument est à retenir, personne ne peut le remettre en question. Un certain nombre d'associations écologiques très sérieuses (voir liens utiles) ont déjà instruit le problème dans toutes ses dimensions, environnementales comme légales, à l'échelle nationale comme Européenne. C'est un problème de fond pour nos générations présentes et futures. Mais rien n'indique dans ces études qu'enfouir les déchets selon la technique actuelle soit sans conséquences nuisibles. Certains risques hélas avérés et reconnus par les experts sont considérés comme graves pour l'environnement et la santé.

Le second argument n'a pas lieu d'être retenu, car les coupables sont les agresseurs, pas les victimes. Lors des diners en ville ou aux restaurants administratifs, on glousse et ricane sur le compte de ces pauvres abrutis de riverains et de ploucs qui n'entendent décidément rien à la nouvelle science "éco-citoyenne" de l'évacuation des déchets. Pour les protagonistes, la "solution finale" est à portée de main, il n'y a pas lieu d'attendre les progrès incertains de la science ou de se retourner en arrière sur les expériences passées. L'approche consiste à déverser, sans états d'âme, toutes les ordures d'un département, d'une région, ou des pays Européens demandeurs, dans un gros trou derrière un petit village agricole. Le va-et-vient des camions, de préférence en 3x8, assure une exploitation fort "juteuse" du site. A certains utilisateurs, on fournira même un double des clés afin qu'ils aient la possibilité de déverser la nuit ce qui ne serait pas accepté le jour ou trop visible par les riverains.. Pour faire une mauvaise plaisanterie, nous avions auparavant l'or noir (le pétrole et le charbon), l'or bleu (la mer), l'or vert (la forêt) et maintenant c'est l' "or-dure" (les CET), représentant l'ultime richesse écologique, assurément un gisement qui n'est pas près de se tarir...

La réaction des villages et des riverains contre les CET n'a donc rien à voir avec un syndrome du "pas de cela chez nous, mais chez les autres". Il s'agit plutôt de se défendre contre une agression d'une violence nouvelle, et particulièrement insidieuse, contre l'intégrité des territoires communaux, de la propriété individuelle (les ressources en oxygène et en eau appartenant à tout le monde), de l'environnement, de la qualité de l'agriculture, du cadre de vie et du bien-être humain. En outre, les dangers historiques liés à l'exploitation des CET (voir les témoignages des associations à la page liens utiles ainsi que 'Nuisance et risques) commencent à être assez documentés pour montrer qu'ils sont bien RÉELS. Faudra-t-il attendre un accident écologique majeur (e.g. la condamnation de la nappe phréatique de Beauce ) ou la constatation de certaines pathologies (e.g. cancers des voies respiratoires, allergies chez l'enfant et les personnes âgées, intoxications incurables) pour réagir contre ce type développement sauvage? Et où ce fameux principe de précaution si cher à certains, aurait-il pu disparaître, quand tant d'élements et d'informations sont déjà disponibles, au vu et au su de tout un chacun?

Les risques peuvent être contenus, jusqu'au moment où.. le mal est fait, sans que l'on puisse se tourner vers aucun responsable. Mieux prévenir que guérir, surtout s'il s'agit de la vie. Mais les nuisances insupportables associées aux CET et leur impact sont immédiatement constatées pour tous ceux qui en ont fait l'expérience (visiteur ou riverain victime).

Il ressort de toutes les études sérieuses que le principe de "l'enfouissement technique" (des ordures ménagères ou assimilées) représente une véritable bombe à retardement pour les générations futures. Une telle situation ne tient pas à une quelconque fatalité, mais plutôt à un choix délibéré de rentabilité et de profits immédiats, aux dépends des solutions alternatives et contre l'environnement et la vie.

En association fraternelle et positive avec les villages ou communes de France déjà touchées par ce phénomène, ou en voie de l'être, nous sommes résolus à nous battre et à vous informer.


Association de Défense de Saint-Escobille (ADSE)
Association déclarée sous la Loi du 1er juillet 1901 et du Décret du 16 août 1901

 

* Note: imaginons un réservoir d'eau de 1 kilomètre carré à la base, ayant une hauteur 1.5 fois plus élevée que la Tour Eiffel ! NB: la consomation moyenne d'origine agricole en représente les 3/5 (soit 300 Mm3); une faible pluviométrie hivernale suivie d'un printemps sec peut amener ce chiffre à 500 Mm3, représentant un total de 650Mm3..
** Dans les départements de l'Essonne, des Yvelines, de la Seine-et-Marne, de l'Eure-et-Loir et du Loir-et-Cher.

Liens et Références
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Dernière mise à jour
29-Jan-2005