L'Association


photo:C.Wolsfeld, (C) 2003


Introduction

Au cours de l'été 2002, les habitants du Sud-Essonne (canton de Dourdan) eurent la surprise d'apprendre que plusieurs projets d'implantation de CET Classe 2, étudiés par la société GEODEVE, concerneraient un certain nombre de leur communes. Ils seraient implantés par exemple sur la commune d'Allainville à la limite de celle de Corbreuse (lieu-dit de "Groslieu"), très proche des zones de captage d'eau potable alimentant la ville de Dourdan. Un autre projet concernerait la commune de Saint-Escobille, à la limite de Mérobert et du Plessis-Saint-Benoist, autant de villages situés en plein coeur de l'agriculture de Beauce, dont le plateau renferme également la plus grande nappe phréatique de France. Vu la très grande perméabilité du sous-sol, cette nappe est exploitée pour l'irrigation en surface de ces cultures. Elle alimente en eau potable de nombreuses communes avoisinantes, et la ville d'Etampes (22.000 habitants).

Bien que situé dans le contexte du plan départemental d'élimination des déchets dits "ultimes", ce choix de localisation constituent une pure hérésie, tant au plan de l'agriculture et des exploitations que des risques graves qu'ils font peser sur l'environnement et les populations concernées. Des réunions rassemblant les agriculteurs et des centaines d'habitants avec leurs élus se sont tenues à Etampes et Saint-Escobille en octobre et novembre. Franck Marlin, le député-maire d’Etampes avait d’ailleurs fait état aux représentants du Conseil général de l’Essonne du mécontentement général, en s’étonnant qu’on ne peut d’un côté penser le devenir du monde agricole et de l’autre autoriser la création d’une décharge dans une zone agricole aussi précieuse. “Devant une telle levée de boucliers, le département de l’Essonne, lors de sa séance publique du 19 novembre 2002, a ainsi adopté un amendement stipulant qu’il portera un avis négatif à tout projet de centre d’enfouissement technique de classe 2 ne répondant pas aux dispositions du plan départemental d’élimination des déchets ménagers et assimilés de l’Essonne et n'ayant pas reçu l'avis favorable des élus locaux”.

Une association de défense (ADSE), présidée par le Maire de Saint-Escobille, Alain Maindron et comportant de nombreux élus (dont le Député de l'Essonne Geneviève Colot) et des centaines de membres, s'est immédiatement constituée “afin de protéger la Beauce et refuser que notre région devienne la poubelle de l’Ile-de- France”. Une première pétition a été signée par près de 2000 personnes. Différents contacts ont été pris au niveau du Conseil Général et du Préfet pour contrer ces projets insensés: "pas de gesticulations inutiles, mais des actes et des dossiers traités en profondeur". Voir les statuts de l'ADSE.


Saint-Escobille en ligne de mire

Le projet d'implantation de CET à Saint-Escobille (500 habitants), que combat l'ADSE avec véhémence, serait situé à seulement 500 mètres de l'école du village! Il couvrirait pas moins de 18 hectares pour stocker jusqu'à 3-10m de profondeur et 20m de haut près de 150.000 tonnes de déchets par an sur une période initiale de 10 ans. Un tel tonnage représente 600 tonnes par jour ouvrable, soit 120 camions par jour dans les deux sens, représentant un camion toutes les 4mn ! Cette cabale infernale devant durer huit par jour pendant une décennie, sur la seule route départementale permettant d'accéder à la commune, et étroitement bordée d'une rangée d'arbres, où il est déjà difficile de dépasser. Une nuisance objective et immédiate qui masque un certain nombre de problèmes plus graves encore. Il s'agit de l'impact sur l'agriculture, sur l'environnement et sur les populations, tant sur le plan des risques écologiques et économiques que sur celui de la santé.

Depuis ces nouvelles alarmantes, les habitants se sont mobilisés derrière l'ADSE. Notre association comporte, outre de nombreux représentants de la communauté agricole locale et des riverains, des membres qui sont entrepreneurs, professions libérales, fonctionnaires, juristes, médecins, enseignants, universitaires ou informaticiens (liste non exhaustive), lesquels ont constitué ensemble plusieurs comités d'étude et de recherche. Que des bénévoles prennent sur leur temps libre sans compter pour cette activité en dit long sur la fameuse "transparence de l'information" offerte par les exploitants. Cette information (?) étant extrêmement limitée, incomplète et d'une subjectivité étonnante, il a fallu reconstituer un certain nombre de dossiers, en se basant sur l'avis des experts et de leurs réseaux professionnels, comme sur la mine de renseignements constituée par les associations de défense contre les CET, et offerte sur l'internet. Les informations recueillies ont dépassé les attentes, apportant à la fois de l'espoir et de la tristesse. Espoir parce qu'un tel projet de CET s'avère être non seulement insensé mais contre le bon sens le plus élémentaire. Tristesse, réalisant plus profondément la gravité des nuisances et des risques encourus, et la réalité du combat de tous les jours que d'autres communes infortunées vivent depuis des années..


Pourquoi ce site internet

Il était temps de porter l'affaire non plus seulement au niveau de la presse locale ou de courriers officiels, mais celui du réseau associatif et du grand public, national et au-delà, avec les outils de l'internet. Depuis fin 2003, Saint-Escobille est maintenant connecté aux services ADSL (internet rapide), pour lesquels plusieurs centaines d'habitants de l'ensemble des communes avoisinantes ont montré un intérêt plus que vif et dont ils sont maintenant équipés. Réalisons également que la plupart de nos foyers sont dotés de matériel informatique, et que les jeunes investissent beaucoup de leur temps et de leur passion à "surfer" et que ces techniques font désormais partie de leur vie. Les associations sont également très présentes sur la "toile" et relaient informations, nouvelles et dossiers sur les thèmes du recyclage des déchets dans les régions, comme sur le territoire Européen. Les informations et les échanges rendus maintenant possibles par ce médium permettent de briser enfin cette "loi du silence" ou plus exactement de l'ignorance imposée aux générations précédentes par les exploitants aux populations victimes. Elles permettent à celles-ci de mieux connaître les lois en vigueur, les définitions techniques, les pièges dans lesquels elles risqueraient d'être enfermées, et surtout de prendre connaissance d'un triste historique basé sur l'expérience des dernières decénnies, sur le territoire national comme à l'étranger.

Le piège le plus classique est le maintien des populations dans l'ignorance et la culpabilité. Ignorance des risques, et culpabilité sur la cause. Les associations de défense ne refléteraient que la réaction épidermique de riverains superstitieux et manipulés, leur inquiétude face à la science, leur égoïsme face aux enjeux de l'environnement, leur manque de solidarité et par dessus tout, le syndrome de "pas de ça chez nous" (not in my backyard). Nous laissons cette analyse aux idéologues et aux vrais manipulateurs d'opinion. Nous invitons plutôt les internautes à visiter les différents sites concernés par le problème du retraitement des déchets et à se faire une opinion "éduquée" et indépendante. Notre site ne prétend pas couvrir ce problème dans son intégralité, mais seulement pointer sur les informations utiles et sensibiliser le public sur les dangers réels encourus par le développement sauvage des CET, contre tout bon sens et le vrai développement durable.


En guise de conclusion

Dans ses statuts, l'ADSE reconnaît l'importance des enjeux du recyclage et du traitement des déchets (le premier sur lequel elle est en avant-garde), et s'attache à réfléchir en commun à toutes solutions alternatives. Il n'y a aucune objection à ce que certains déchets inoffensifs, à fermentation ou décomposition lente, viennent être retraités "derrière chez nous" avec les moyens de la technologie. Il y a par contre objection à vouloir jeter dans un vaste cratère à peu près tout ce qui présente un danger pour l'environnement et la santé, au milieu d'une très grande région agricole dont on ne peut pas sainement vouloir la disparition, sur un plateau géologique extrêmement perméable,
et situé au-dessus de la plus grande zone aquifère de France. Si une catastrophe se produisait, on entendrait beaucoup de "je vous l'avais bien dit", mais c'est maintenant qu'il faut le dire, pas quand il est trop tard.

Le modèle de CET, avec son jargon pseudo-scientifique et son argumentaire "écolâtre", est motivé par le profit immédiat et non par le souci de l'humain. La preuve en est le mépris voisin de l'absolu, ou pire encore: l'indifférence. Que l'infâme projet de CET n'échoue pas sur le territoire de cette commune-ci ou de cette commune-là ne mettra aucunement fin à ce problème, ni à leurs ambitions. On cherchera à creuser un cratère ailleurs, voire même juste à côté du projet précédent, comptant sur le pouvoir de l'argent et des promesses qu'il fait miroiter. Pour l'ADSE et les autres associations concernées, il faut donc penser plus large et plus profond, travailler ensemble avec les pouvoirs publics, les associations et les entrepreneurs, comme avec toute autre partie qui soit sans conflits d'intérêts avec la vraie cause de l'environnement et du bien-être.

Association de Défense de Saint-Escobille



Annexe: voir les statuts de l'ADSE.


Pour contacter l'Association par écrit:
ADSE, Mairie de Saint-Escobille, rue du Château, 91410 Saint-Escobille (France),

ou bien par courrier électronique:
ADSE-
Saintescobille@club-internet.fr

Auto-collants de l'ADSE:
les obtenir ici !

 

 

 


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Dernière mise à jour
05-Fév-2005