Lettre ouverte aux candidats élections départementales mars 2015

La presse écrite et télévisée, les assemblées d’élus en ont beaucoup parlé… les populations continuent à se mobiliser….

Vous savez sans doute, en votre qualité de responsable politique, que depuis plus de 12 ans deux petits villages du Sud de l’Essonne Saint-Escobille et Mérobert avec l’appui de l’ADSE, association citoyenne de défense de la santé et de l’environnement qui compte aujourd’hui plus de 1000 adhérents, ainsi que de la Chambre Interdépartementale d’Agriculture d’Ile de France, s’opposent avec constance et détermination  au projet privé d’implantation d’un Centre de Stockage de Déchets Ultimes (CSDU) déposé par la société SITA-SUEZ et qui a fait l’objet d’un arrêté préfectoral de Projet d’Intérêt Général en 2009.

Malgré les avis défavorables du commissaire enquêteur à l’issue des 2 enquêtes publiques qui se sont déroulées en octobre et novembre 2009,

Malgré le soutien :

    • de 146 collectivités, dont le Conseil Régional d’Ile de France par un  amendement au PREDMA (Plan Régional d’Elimination des Déchets Ménagers et Assimilés) et le   Conseil Général de l’Essonne (3 motions en 2002, 2005, 2009) ;
    • des parlementaires de toutes tendances politiques (15 députés nationaux, 13 sénateurs, 6 députés européens dont un vice-président du Parlement Européen) ;
    • de l’Union des Maires de l’Essonne ;
    • de 11 organismes professionnels agricoles ;
    • de 70 associations,

Malgré la décision de la Cour Administrative d’Appel de Versailles de décembre 2013 annulant l’arrêté préfectoral de Projet d’Intérêt Général, l’industriel persiste dans sa démarche en déposant un pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat.

Pourtant, le projet s’appuie sur des données dépassées en terme de volumes à enfouir datant de 2002. Le type de technologie présenté est archaïque : rejet de près de 70% du biogaz dans l’atmosphère donc pas de valorisation énergétique ;  pas de tri et de valorisation matière in situ ; transport des déchets par camions au milieu des terres agricoles fertiles de Beauce, aux confins sud-ouest du département loin des lieux de production des déchets.

Il est important de préciser que l’activité agricole environnante, (tant en agriculture raisonnée que bio) subirait du fait de la pollution émanant du CSDU des dommages économiques important notamment le risque de perte des certifications et labels qualités et le rejet des productions par l’industrie agro-alimentaire.

Plus grave encore, le CSDU serait implanté sur une zone de fracture, en terrain très calcaire, karstique et perméable au dessus de la nappe phréatique de Beauce, sanctuaire en eau potable à préserver à tout prix.

Nous demandons que ce projet reconnu dangereux au plan écologique, sanitaire et socio-économique ou tout autre similaire de technologie dépassée soient abandonnés au profit de solutions prenant réellement en compte : l’écoconception, l’écoproduction artisanale et industrielle, la réduction des déchets à la source, la systématisation du tri sélectif, le réemploi, la réutilisation, le recyclage, et la valorisation énergétique des déchets résiduels, et cela dans le respect du principe de précaution.

Dans le cadre des campagnes électorales, il est de tradition d’interroger les candidats et de leur demander de se positionner sur des questions d’importance. Nous souhaiterions donc recevoir de votre part un engagement concernant le projet d’implantation d’un CSDU à Saint-Escobille. Nous vous promettons de rendre publique votre position.

Nous restons bien sûr à votre disposition pour vous rencontrer si vous le souhaitez.

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